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Je suis allé fouiner dans une boutique de Soho où j’ai essayé un bonnet extra large de Sonia Rykiel et je dois dire que je suis resté perplexe. Avoir un bonnet à NY est obligatoire, surtout si vous ne voulez pas vous retrouvez les oreilles congelées. De ce fait, je dois impérativement renouveller ma petite laine de tête, elle commence à craindre. Alors le bonnet, d’une laine épaisse et d’un gabarit Bob Marley (peut être que c’est cette référence de style qui me dérange) ou disont plutôt que ça me rappelle les filets de chignon victoriens, et oui j’ai plus d’un siècle. Devant la glace c’est sympa, moui… pourquoi pas… je ne sais pas, bon, ça me prend bien les oreilles, ça fait un poil béret et tiens je me penche et là, le bonnet devient cagoule et m’avale la tête. Oui je vous avais dit qu’il était grand. C’est le hic. Je le repose mais j’hésite encore… Je fouille donc dans les rayons et je tombe sur une robe noire de Peter Jensen, toute en soie, noire. Allez me dis-je, essaye-la. Par l’hiver qui s’installe, j’aurais plus besoin d’investir dans autre chose mais bon, je vous rappelle qu’à ce moment là je m’en fout. Elle est sans manches (aï), longue jusqu’au genoux et avec trois longs volants sur le devant prenant toute la longueur, tout à fait portable pour l’été prochain. Ce qui m’a beaucoup plus (aussi), c’est que les volants sont un peu décalés sur le côté du corps, juste ce qu’il faut pour laisser passer la griffe un peu branque de Peter Jensen, que j’adore. Une fois chez moi, j’ai regardé sa collection sur son site et j’ai trouvé cette fameuse robe (que je veux absolument parmis d’autres choses biensûre) dont vous ne verrez que le bas. Elle est sur la première photo qui suit et j’y ai ajouté quelques pièces récentes qui m’ont intérréssées.

Collection Automn/Winter 2007 :

Collection Spring/Summer 2008 :

Ce que j’aime dans ses collections c’est le côté citadin du vêtement, on peut être sophistiqué et extravertie tout en déambulant dans les rues. Je trouve qu’il manie à merveille le sportswear chic avec l’underground de couture, sans y omettre le plaisir.

Ps: je crois que je vais peut être me mettre à courrir pour m’offrir cette robe!

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Il y a des boutiques devant lesquelles on s’arrête, on lèche regarde la vitrine, on y entre en se disant  » je vais juste y jeter un coup d’oeil » comme ça, juste pour rêver un peu sur des pièces que l’on ne pourra pas s’offrir plutôt se faire offrir et rentrer chez soi dégouté avec des idées cadeaux en vue pour les deux potentiels événements de l’année. Il y en a d’autres où l’on ne regarde pas l’entrée mais plutôt le fond du magasin ou de la cabine avec trente-six trucs, de la fringue qui colle avec notre CB (le découvert compte aussi) ou du moins que l’étiquette de chaque it-trucs affiche un prix magique. Grande estase.

 

 

Par contre, il y a celles que l’on n’ose pas regarder parce que la devanture est d’un super design, trop chic, trop de bon goût d’un coup, on va trés vite souffrir de voir concrètement en vrai des cuirs sublimes, de la mousseline, de la robe bien taillée dans un cashemire d’où le tient que tu vénères devient subitement pourrie une petite chose qui n’existe pas, alors on tourne la tête, on s’essouffle et par la même occasion, on évite aussi de voir la salle tronche du vigil à l’entrée qui nous mate déjà comme une plouc. En plus, il est moche. Alors, avec cette idée de boutiques de Luxe en forme d’écrin où on ne peux pas y entrer sans faire partie du dressing code qui dit « moi, j’ai des moyens insoupçonnables, j’ai donc le droit de voir du beau sans qu’on me regarde de travers » ou simplement parce qu’on se résigne d’y mettre un pied et bien, j’ai une anectote à ce propos.

 

Je devais avoir 16 ou 17 ans lorsque j’ai franchi insoupçonnablement le seuil d’une boutique de créateurs de luxe. A force de passer devant, je me suis dis qu’il fallait bien que j’y entre un jour, en plus c’est les soldes, c’est le moment, allez j’y vais. La boutique proposait du Gaultier, de l’Alaïa ect… l’intérieur était blanc, je ne me rappelle plus des détails mais tout était bien agencé. Et là, je tombe sur un blazer lit de vin complétement éxubérant, trés couture, avec un col de dentelles énormes, vraiment magnifique mais bien évidement, sans occasions spéciales (surtout à cet âge) : dur à porter. Je l’esssaye. Il me va à mourrir, taillé sur mesure, les clientes se tournent et me complimentent…je me tâte, éblouie et décidée, je réfléchi. Pas sufisament pour ne pas le prendre. Je fais quatre chèques où même la vendeuse me dit que l’on ne rédige pas un chèque avec un stylo plume une encre qui s’efface mais avec un bic par exemple (par sécurité), j’en apprends déjà des choses ici, le prix de ma veste est de 4000 francs, ouille! imaginez, c’était il y a quand même 12 ans et en plus je n’avais pas mes parents derrière moi, je me finançais toute seule. Pas de panique dans mon crâne, je savais ce que cela me coûtais (trés cher), j’hésitai mais pas trop, ce n’est qu’un choix à prendre et comme j’ai eu un coup de coeur pour cette étoffe, elle en vaut la peine, me dis-je.

 

 

Je me retrouve donc dans la rue avec mon gros sac blanc griffé, il pleut des cordes. Je crois que dans les 25 mn qui ont suivis l’affaire j’ai commencé par me dire que sur mes quatres chèques (peut être cinq, je ne sais plus) que j’ai donnés, je n’aurais rien pour les quatres mois à venir. Rien de rien. Bon j’étais nourri, logé mais quand même bye bye les sorties. Et puis, oui, cette veste me plaît, elle est là dans ma main, sous la pluie avec moi comme une conne. Et puis quand vais-je la porter? à qu’elle occasion? je la possède elle, objet de mon désir. Oui biensûr et alors? je doute, mes idées sont courtes. Je m’arrête à une cabine (merci, les portables débarquaient à peine à l’époque), j’appelle ma tante qui a connu une fois un craquage compulsif sur une chaine de salon, à 20.000 frcs. Bon, elle a encore la chaine. Je lui raconte, en gros, elle se marre et me dit qu’il vaut mieux rapporter mon achat à la boutique. Ouais, je suis retourné sur mes pas, je ne me rappelle pas de la pluie, c’est comme un trou noir, je suis entré dans la boutique sans même voir la vitrine. La vendeuse ne m’a pas regardée de travers et suis reparti en me disant que j’allais faire la bringue ce week-end avec mes potes.

 

C’était ma première petite leçon de mode.

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